Très tôt, ce fut la résidence préférée des
sires du Faucigny. Le château fut témoin des
fiançailles, en 1234, d’Agnès fille d’Aimon
II , avec Pierre de Savoie, surnommé « Le
petit Charlemagne »
En 1241, Béatrix de Faucigny se fiance à
Guignes, dauphin du Viennois. C’est
également dans le château qu’Aimon fait son
testament en février 1234. Agnès déclare
en 1269, que son mari, Pierre de Savoie, a
investi énormément pour fortifier le
château. Enfin en 1285, Gaston, vicomte
de Béarn, second mari de Béatrix passe trois
actes à Châtillon, son lieu de résidence.
Par la suite, le château fut de moins en
moins la résidence des Faucigny. En 1308 il
est la garantie de la dot du Comte de
Savoie. En 1335 Humbert en devient
propriétaire, puis, dix ans plus tard il est
entre les mains de Béatrice de Chalon d’Arlay
jusqu’à la cession en 1406 à Amédée de
Savoie. A cette époque, le château était
devenu un château-forteresse servant surtout
de prison pour les criminels et les détenus
politiques. En 1492, lors de l’insurrection
des «Robes rouges », le château fut occupé
par les insurgés.
On le dit brûlé en 1589 par les Bernois,
bien que certains historiens signalent que
ceux-ci n’auraient jamais atteint le col de
Châtillon. Ils se seraient arrêtés au
Martelet ou il y aurait eu l’église
paroissiale et le cimetière. De toute
manière, il devait y avoir une église, la
chapelle étant réservée probablement au
château.
Actuellement, les reste de ce château se
résument à un haut pan de mur et une tour en
ruine. Après avoir vu la partie
historique du château, intéressons nous à la
partie archéologique ;
Le domaine se compose de deux parties bien
distinctes :une première enceinte entourant
le plain-château ou se trouvaient la
chapelle, la cure et les granges ( dans
cette première enceinte fut édifiée en 1780
la Mairie)puis la seconde partie était le
château proprement dit, dont les murs se
fondaient avec ceux de la première enceinte.
Le chemin d’accès à l’ensemble était assez
raide. Au couchant, séparé par un fossé
creusé dans le roc, il y avait un belvédère
dominant toute la vallée de l’Arve, appelé «
le Cuar », qui devait être un jardin sur une
terrasse. Le chemin d’accès débouchait
sur deux cours successives ; l’habitation
seigneuriale bordant la deuxième cour, dans
laquelle on devait y trouver, au rez de
chaussée : les cuisines, les caves ou
celliers .Au dessus, il devait y avoir une(
peut être deux) chambres dont celle du
seigneur, puis la grande salle ayant des
cheminées adossées. Une chambre, au nord,
s’appelait la chambre du frère Martin,
l’aumônier du château. Au dessus des
salles de cour, se trouvait une salle
appelée la chambre ferrée puis la garde-robe
.Il y avait également l’appartement de la
Dame, ceux des étrangers et les chambres des
écuyers. Mais la pièce la plus utile et la
plus utilisée fut sans doute le Ratier.
Des travaux, souvent importants, se
prolongèrent jusqu’en 1527.
Voici, écrit brièvement, la description de
ce château de Châtillon, aucune archive
n’étant en notre possession à ce jour.
L’importance de ce château ayant été
signalée précédemment, nous y revenons pour
dire ce qu’elle était réellement :
C’était en effet, le centre de le plus
importante châtellerie du Faucigny. Dans
les textes, nous trouvons le mandement ou
châtellerie de Châtillon, et, à dater de
1357 : mandement de Châtillon et Cluses.
Soulignons au passage que la châtellerie de
Châtillon était plus importante que le
canton de Cluses au début du XX ème siècle.
Au XIIIème et XIVème siècle, elle comptait,
en effet, treize paroisses, parmi lesquelles
: Mieussy, Flétrier, Megevette.L’abbaye d’Aulps
y possédait de grandes étendues de prés,
vignes et bois. Ainsi donc était notre
château à l’époque glorieuse de Béatrix de
Faucigny. Il est bon de noter encore que
la commune, essentiellement rurale, perdit
progressivement l’importance qu’elle avait
au temps des seigneurs de Faucigny. Elle
connut l’émigration, puis vint la période
d’implantation de petits ateliers
d’horlogerie. En 1790, Châtillon comptait
trente deux horlogers, spécialisés dans la
fabrication de barillets de montre. Nous
avons beaucoup parlé du château, mais pas
souvent de ses occupants. En 1234, Agnès,
fille d’Aimon II, baron du Faucigny,
épousait Pierre de Savoie qui, en 1263, à la
mort de son père Thomas, allait devenir
comte titulaire de Savoie. Ses qualités
politiques et militaires lui valurent le
surnom de « Petit Charlemagne ». Le 3 mai
1262, Agnès dicte ses dernières volontés en
présence de hauts dignitaires
ecclésiastiques et de Béatrix alors âgée de
28 ans. Agnès mourut le 11 août 1268,
laissant à sa fille unique Béatrix, le
patrimoine de ses ancêtres. Elle fut
ensevelie, conformément à sa demande, dans
la maison des Bénédictins de Contamine sur
Arve. L’histoire de Béatrix est si
importante qu’il faudrait un volume pour
l’écrire. Nous nous contenterons d’esquisser
les grands traits de cette vie qui à compté
dans l’histoire du Faucigny. Formée à
l’école de ses illustres parents, son
éducation de reine, lui permit de faire
front aux plus redoutables adversaires.
Elle avait à peine 7 ans que Guignes VII,
comte d’Albon et dauphin du Viennois la
demandait en mariage ;Pierre de Savoie
répondit favorablement à cette demande le 4
décembre 1241et, le même jour l’évêque de
Genève, Aymon de Grandson, signait dans
l’église de Châtillon un acte menaçant
Guignes VII d’interdit s’il violait ses
engagements. Il faut dire que la méfiance
était nécessaire car celui-ci avait déjà,
par le passé, ignoré ses promesses envers
Cécile, fille de Baralle, comte des Baux,
puis envers la fille du comte de Provence.
Malgré son passé, il restera fidèle à
Béatrix. Cette union fut définitivement
scellée en 1261. De cette union naquirent
trois enfants : Jean, décédé
accidentellement lors d’une chute de cheval
en 1282.Ce fut pour Béatrix une épreuve
qu’elle supportera très difficilement.
Anne qu’épousa en 1273 Humbert Ier, baron de
la Tour du Pin et Coligny. Catherine qui
resta célibataire. Après le mariage de
Béatrix, les événements se succédèrent ;son
père, Pierre de Savoie mourut le 16 mai
1268, après avoir testé en faveur de son
frère Philippe. Sa mère, Agnès, devait
suivre Pierre de Savoie et décéda le 9 août
de la même année, investissant Béatrix dans
sa petite souveraineté. Celle-ci ne devait
plus connaître de repos. Dès le
lendemain, Philippe, comte de Savoie,
signait avec Béatrice, sœur d’Agnès, un
traité d’alliance offensive ; leur but :
revendiquer une portion de terre du
Faucigny. Malgré l’intervention de
Margueritte, épouse de Saint Louis, la
guerre était déclarée, avec une certaine
fureur. C’est durant cette époque que mourut
Guignes VII ; il fut enseveli en 1270 au
monastère des Moniales de Prémol. Béatrix
et son fils furent prisonniers de leurs
ennemis et ne seront libérés que le 15
novembre 1269.
Le
13 février de l’année suivante, ils
signèrent un compromis afin de mettre bas
les armes. Béatrix était soulagée et
profita de cette trêve pour étendre son
domaine et nouer des alliances. Une
donation à Philippe de Savoie, faite le 28
février 1271 lui permit de gagner sa faveur.
En mars de la même année, elle achetait une
partie du mandement de Beaufort. Le 13
août, une sentence la réconciliait avec
Béatrice de Thoire-Villars qui recevait à
cette occasion les châteaux d’Aubonne et
d’Hermance.La fortune de Béatrix, la grande
dauphine, restait, malgré tout, très
importante : outre quelques terres en
Genevois(héritage paternel)elle possédait la
totalité du Faucigny, de la Dranse jusqu’à
La Roche et de Versoix à Flumet .Elle
possédait en outre de nombreux châteaux
parmi lesquels : Allinges le vieux, Féterne,
Chillon.
Veuve depuis 1268,Béatrix allait convoler en
seconde noces le 2 avril 1273 avec Gaston de
Bangé, vicomte de Béarn, frère du puissant
comte de Provence. Ce dernier n’était autre
que le père d’Eléonore, épouse de Henri III(
roi d’Angleterre), de Margueritte épouse de
Saint-Louis ; de Béatrice épouse de Charles
d’Anjou( roi de Sicile) ; de Scanchette,
épouse de Richard de Cornouailles (roi
d’Allemagne) Tante de 4 reines,
l’influence de la Grande Dauphine devenait
ainsi très importante. Huit ans plus
tard, son fils Jean épouse Bonne, petite
fille d’Amédée V de Savoie. Cette union
fut brève, car le prince se tua à cheval le
24 septembre 1282.Béatrix est folle de
douleur. Son testament, rédigé à la hâte,
confirmera en quelques mots celui de son
père. Un véritable désespoir s’empare
alors de Béatrix ; prenant dans ses bras son
petit-fils Jean (l’aîné d’Anne), dans un
moment d’émotion intense, elle lui fait
donation, sans réserve des terres laissées
par ses parents. En le confiant à la
sauvegarde du roi des Romains, elle supplie
ce dernier de l’aider à recouvrer les biens
dont elle n’a plus la possession. C’est à
ce moment de sa vie qu’elle décida de fonder
la chartreuse de Mélan qui servira de
mausolée à son cher défunt et ou elle même
viendrait le rejoindre. Le décès de son
second mari le 26 avril 1290 ne modifia en
aucune manière la situation du Faucigny.
Béatrix était de plus en plus isolée. La
consécration de l’église de Mélan le 28
décembre 1290 fut l’occasion d’une grande
fête pour Béatrix, hélas attristée par le
transfert de la dépouille de son fils Jean.
Signalons quand même que les travaux de
Mélan furent suivis de prés par Béatrix
retirée dans sa villa ; retirée, peut-être,
mais très active dans la gestion de ses
terres. Seuls les derniers mois de sa vie
se passèrent dans le silence, loin du tracas
des affaires. Comment se sont déroulés
les derniers instants de sa vie ? Nous
l’ignorons. Seule la date de sa mort est
certaine : le 21 avril 1310, elle avait 76
ans. Ainsi prenait fin la vie tellement
remplie de cette femme d’exception.
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